Afrique : Ces pays qui accueillent les « bases militaires françaises » dans le continent, leurs effectifs respectifs et les raisons

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Colonisés et devenus « indépendants » depuis les années 1960, plusieurs pays du continent africain qui restent liés à la France au nom d’une coopération militaire, accueillent des bases militaires de leur colon qui y dispose des effectifs opérationnels en attente. Mais la question qu’on se pose est de savoir la réelle motivation de cette présence militaire française dans ses anciennes colonies.

Militaires français en Afrique

L’origine d’une mission

« La France a signé des accords de coopération culturelle, technique et militaire et des accords de défense avec la plupart de ses anciennes colonies au moment de l’indépendance en 1960.
En outre, des conseillers militaires ont été envoyés en Afrique, pour travailler avec les gouvernements nouvellement indépendants. Les accords de défense ont défini le cadre dans lequel les interventions militaires françaises se sont déroulées en Afrique au cours de la période postcoloniale », explique Tony Chafer, Professeur d’études africaines et françaises au Centre de recherche en études européennes et internationales à l’université de Portsmouth au Royaume-Uni, dans une enquête du média BBC News Afrique.

Poursuivant ses explications, le Professeur fait savoir qu' »Avec une série d’accords bilatéraux de défense et d’assistance militaire signés avec ses anciennes colonies et jusqu’à 10.000 soldats stationnés ou participant à des opérations militaires dans ses anciennes colonies au cours des premières années suivant l’indépendance, la France a entrepris au moins 30 interventions militaires directes sur le continent entre 1964 et 1995″.

A l’en croire, la France a également « poursuivi une politique de substitution, plutôt que de partenariat, avec les forces militaires africaines dans sa sphère d’influence postcoloniale, le « pré carré » », rapporte notre source, BBC News Afrique.

Six (06) pays…

En effet, la France dispose de bases militaires dans six (06) pays d’Afrique. Il s’agit du Sénégal, du Niger, du Djibouti, du Gabon, de la Côte d’Ivoire, et du Tchad. Le nombre de ces forces est d’environ 10.000.

Sénégal

Implantés au camp colonel Frédéric Geille à Ouakam et au camp contre-amiral Protet au port militaire de Dakar, les éléments français du Sénégal (EFS), présents dans le pays de Macky Sall depuis 2011, sont d’un effectif de 400 hommes. Depuis le Sénégal, il participent à la formation des soldats des pays de la région.

En dehors d’une escale aérienne à l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor de Dakar, ils disposent également à Rufisque, d’une station d’émission haute fréquence de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI).

Niger

Déployés à Niamey, à Ouallam (au nord) et à Ayorou (vers la frontière avec le Mali), la France compte environ 1.500 soldats au Niger, avec des avions de chasse et des drones.

A Niamey, plus précisément sur le site de l’aéroport international Hamani Diori, la France dispose également d’une base aérienne 101 qui, elle, n’est pas permanente. Elle sert de base de départ des drones Reaper qui effectuent des missions de renseignement et de reconnaissance dans le cadre de l’opération Barkhane au Sahel.

Cependant, au lendemain du coup d’État du 26 juillet 2023 qui a porté le Général Tchiani au pouvoir, Emmanuel Macron a annoncé le départ des forces françaises du territoire nigérien dès fin décembre 2023, à l’instar du Mali et du Burkina Faso. Ceci, suite à plusieurs crises de tensions diplomatiques entre les deux pays.

Djibouti

Composées de 1.500 hommes, c’est depuis l’indépendance du pays que les forces françaises sont stationnées à Djibouti, la capitale. Cependant, depuis en juin 1977, sous le coup d’un protocole provisoire, un nouvel accord de défense entré en vigueur depuis 2014, fixe leurs conditions de stationnement dans le pays.

Gabon

D’un effectif d’environ 350 hommes, les forces françaises au Gabon (EFG) sont déployées à Libreville et dans quelques autres villes stratégiques depuis l’indépendance du pays (août 1960). Avec Dakar au Sénégal, elles constituent le deuxième pôle opérationnel de coopération (POC) à vocation régionale, en Afrique et sont d’ailleurs devenues les éléments français au Gabon, le 1er septembre 2014.

Côte d’Ivoire

Au lendemain de la guerre civile qui a duré environ une décennie, la France et la Côte d’Ivoire signent en 2012, un accord de partenariat de défense entre les deux pays. 03 ans après, les forces françaises en Côte d’Ivoire voient le jour pour constituer l’une des bases opérationnelles avancées en Afrique.

Avec environ 1.000 hommes sur place, les forces françaises en Côte d’Ivoire deviennent des forces de présence, après la fin de mission de l’opération Licorne le 26 janvier 2015.
Leur mission, assurer un relais opérationnel dans cette zone considérée comme une des priorités stratégiques de la France, conformément au livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013.

Tchad

Composée de près de 1.000 hommes, les éléments français au Tchad (EFT), en dehors de leurs missions de protection des ressortissants français dans le pays, apportent également un soutien logistique et un appui aux renseignements aux forces armées tchadiennes.

Précédemment affectés à deux bases principales à savoir la base aérienne 172 à Ndjamena et la base capitaine Croci à Abéché, dans l’Est du Tchad, le dispositif Épervier comptait près de 950 militaires
C’était en 2013. Les cinquante hommes restants furent détachés et stationnés à Faya, dans le Nord du pays, pour le compte de l’opération Serval. Mais, en 2014, l’opération Barkhane remplace officiellement les deux précédentes opérations pour appuyer les autres pays du Sahel.

✍🏾Avec BBC News Afrique
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