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Premier député noir en Italie : Comment Aboubakar Soumahoro, l’ivoirien d’origine a réussi à se faire élire le 25 septembre 2022 ?

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Aboubakar Soumahoro, premier député italien noir

En Italie, la droite et l’extrême droite ont gagné les élections. Mais parmi les nouveaux entrants à la Chambre des députés, Aboubakar Soumahoro, ivoirien, lui qui a eu la nationalité italienne il n’y a que 10 ans. Aujourd’hui, il est le seul député noir du Parlement italien.

Élu le 25 septembre 2022, Aboubakar Soumahoro fait son entrée au parlement en costume et bottes en caoutchouc, en hommage aux travailleurs agricoles étrangers exploités en Italie. Alors qu’il était âgé de 19 ans quand il venait de la Côte d’Ivoire où il cirait des chaussures, l’homme confiait rêver de l’Italie en regardant les photos de mode des magazines.

Lorsqu’il arrive à Rome en 1999, il découvre les conditions de vie difficiles réservées aux exilé·es :

“J’étais sans-abri. Je me suis retrouvé en Italie et j’ai dormi dans les champs, dans la rue. Et en même temps, j’ai lutté pour sortir de cette boue de l’exploitation”, raconte-t-il. Aujourd’hui, Aboubakar Soumahoro entend porter la voix des invisibles et des minorités, dans un pays qui vient d’élire une Première ministre d’extrême droite.

Défenseur des migrants et des travailleurs exploités

Aboubakar Soumahoro, le 1er jour au parlement

Aboubakar Soumahoro joue collectif depuis près de vingt ans. Aujourd’hui, il en a 42 et vient de siéger pour la première fois ce jeudi 13 octobre 2022 dans un parlement dominé par l’alliance des droites. Diplômé d’un master en sociologie, syndicaliste d’abord, défenseurs des « bracciante », ceux qui travaillent avec leurs bras, il a créé plusieurs comités pour ces immigrés exploités dans les champs de tomates et autres légumes en Italie. Lui l’a vécu dans sa chair quand il est arrivé à l’âge de 19 ans.

« On est plongé directement dans les difficultés de la vie, dans l’exploitation, dans les discriminations ; tous genres de difficultés du point de vue du travail. J’étais sans abri, je me suis retrouvé en Italie et j’ai dormi dans les champs, dans la rue. Et en même temps j’ai lutté pour sortir de cette boue de l’exploitation. »

Le 18 mai 2021, Aboubakar Soumahoro manifeste devant la Chambre des députés, pour défendre les travailleurs des champs exploités.

Ce n’était pas vraiment l’Italie qu’il imaginait avant de quitter la Côte d’Ivoire, lui, le cireur de chaussures plein de rêves.
« Chaque chaussure que je cirais, les jours où je n’allais pas à l’école, je voyais dans le reflet de ces chaussures, un rêve, celui d’aller un jour dans ce pays, l’Italie. Pour moi, c’était comme Alice au pays des merveilles. J’avais un amour fou pour l’Italie et les revues de mode. J’avais un album dans lequel j’encadrais des photos de magazines de mode italienne, de vêtements que j’avais découpés avec des ciseaux. Et en même temps j’avais aussi de l’amour pour la langue de Baudelaire, pour Aimé Césaire, pour Fanon et les Damnés de la terre. »

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